La peur du jugement sur les réseaux sociaux est arrivée sans que je m’en rende compte. Pendant des années, écrire ici, partager une partie de ma vie et de mon quotidien de maman a été une véritable bouffée d’oxygène.
Quand j’ai ouvert ce blog, j’étais enceinte de mon deuxième enfant et maman d’un petit garçon de 18 mois.
À cette époque, je n’avais personne à qui me confier. Et puis, soyons honnêtes… il est parfois plus facile de se livrer à des personnes que l’on ne connaît pas.
Ce blog est devenu mon refuge, oui à l’époque, il y avait beaucoup moins de jugement sur Internet.
On se soutenait, on s’encourageait, on partageait nos doutes sans avoir peur d’être critiquées.
Je n’ai jamais créé ce blog pour recevoir des cadeaux, gagner de l’argent ou devenir connue.
Au contraire, j’aimais cette petite bulle, j’espérais presque qu’elle reste cachée.

Puis les années ont passé.
Aujourd’hui, vous êtes près de 14 000 à me suivre sur Instagram. Et ce qui devait arriver… est arrivé.
Des mamans de l’école m’ont reconnue.
Des enseignants de mes enfants aussi.
Je n’ai jamais eu de remarques désagréables de leur part.
Au contraire, les personnes que j’ai croisées ont toujours été bienveillantes. Mais cela a changé quelque chose en moi.
J’ai commencé à réfléchir avant chaque publication. À me demander qui allait lire. Qui allait interpréter mes mots, qui allait se faire une opinion.
Et surtout… Je me suis mise à penser à mes enfants, parce qu’on connaît tous les remarques qui peuvent circuler « Tu as vu ? Sa mère se prend pour une influenceuse. »
Alors que ce n’est absolument pas ce que je cherche, je suis juste une maman qui aime écrire.
Une maman qui aime raconter son quotidien, parler de parentalité, partager des jeux de société, découvrir de belles choses, faire des rencontres et transmettre les bons plans qui peuvent aider d’autres familles.
Rien de plus. mais aujourd’hui, je me pose souvent la même question:

comment continuer à parler librement sans avoir peur du regard des autres ?
Comment rester authentique quand on sait que des personnes de notre quotidien nous lisent ?
Comment protéger ses enfants tout en restant soi-même ?
Je crois que beaucoup de créateurs de contenu vivent ce moment où leur espace personnel devient soudain public, et ce n’est pas si simple.
En effet, ces derniers mois, je me rends compte que j’écris moins, je réfléchis davantage.
J’efface, je réécris ry parfois même je finis parfois par ne rien publier du tout.
Comme si une petite voix s’était installée dans ma tête et elle me souffle : « Et si on te jugeait ? » « Et si quelqu’un comprenait de travers ? » « Et si cela retombait sur tes enfants ? »
Cette voix, je ne l’avais pas avant.

Et je crois qu’elle me vole un peu ce que j’aimais le plus : la liberté d’écrire.
À cela s’ajoute une autre réalité, plus personnelle.
En effet,
En effet en ce moment, je ne suis pas en grande forme. que cela soit physiquement, certaines journées sont compliquées, moralement aussi.
Écrire a longtemps été ma façon de respirer, ma soupape, mon endroit où je pouvais déposer un peu de ce que je portais.
Aujourd’hui, même ici, je n’y arrive plus toujours.
Et c’est sûrement ce qui me manque le plus.
Je n’ai pas écrit ces lignes pour qu’on me rassure, ni pour qu’on me dise quoi faire.
Mais j’avais simplement besoin d’être honnête, et j’avoue que cela m’a fait du bien aussi…
Peut-être que certains d’entre vous se reconnaîtront dans ces mots, peut-être pas.
Mais si vous êtes encore là, après toutes ces années, merci. Merci de continuer à lire une maman qui cherche simplement sa place.
Peut-être que je vais réapprendre à écrire, pas comme avant, parce que les choses ont changé.
Mais autrement, et si, finalement, c’était ça aussi grandir… apprendre à retrouver sa voix, même lorsqu’on a peur de l’utiliser.

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